Già Soù de Grèce
Avec beaucoup de retard voici enfin des news de la tournée.
Notre transformateur allume cigare/prise 220v nous ayant lâché il y a déjà quelque temps nous n’avons pu rédiger d’article depuis Stockholm.
A l’heure où je vous parle nous sommes en Grèce, sur la route pour Nea Fokea où nous devons rejoindre Nader, Flo, Pat et Daves…
Aux dernières nouvelles donc, nous étions à Stockholm dans une phase plutôt « up » : tout allait bien, on avait des potes, un concert le lendemain dans un café, une chambre à
disposition dans la cité U, de la thune….bref, le pied quoi…
Mais nous commençons à bien comprendre ce principe du yoyo propre à la vie qui consiste à tomber très bas pour mieux pouvoir remonter et vice-versa.
Ainsi, le jour de mon dernier article, nous allons répéter chez Joy et passons une soirée très sympathique avec Joy et une copine à elle extrêmement charmante : nous jouons au billard et
finissons la soirée dans le studio de repet.
Une repet, nous en avions une le lendemain matin, juste avant le concert : Adrian dort donc dans le studio et moi dans la voiture : excellente nuit… Mais le lendemain matin, les
emmerdes commencent… Je sors de la voiture réveillé par Adrian à 13H15 (la repet était à 13H00, on avait du se coucher vers 8 ou 9H), vais vers la portière avant afin de choper la bouteille
d’eau, mais je réalise que la porte est fermée à clef (normal je ferme toujours quand je dors, notamment en ville) je me dirige donc vers le coffre (d’où je venais de sortir) qui s’était refermé
mais pas à clef et j’entends :… « clic »… : le putain de système de fermeture automatique de la caisse quand une porte a été ouverte alors que la voiture était fermée…
Inutile de préciser que la clef était à l’intérieur et les fenêtres fermées.
Heureusement j’avais pris la peine de m’habiller avant…
J’appelle Adrian de l’autre bout de la rue : « Mec, c’est la fin du monde » (ah oui j’ai oublié de préciser que depuis quelques temps nous n’avons plus qu’une clef de cette putain
de caisse)
L
es instruments étant déjà dans le studio depuis la veille, nous décidons de répéter (le bassiste s’étant déplacé et le concert n’étant que dans quelques heures…).
Après la répet -commencée, fatigués, de mauvaise humeur et sans café- nous décidons de nous attaquer au problème de la voiture : Muni de baguettes en bois, et d’un outil de jardinage nous
essayons désespérément d’ouvrir le coffre... Malgré nos efforts pour ne pas abimer la voiture nous éclatons un peu la peinture et la tôle sans pour autant ouvrir la voiture.
Nous décidons de limiter les dégâts et de remettre ça à plus tard.
Nous partons donc pour le concert avec la Volvo du bassiste (dans laquelle nous avons quand même fait rentrer un vibra, une contrebasse, un méga ampli basse, un sax et 3 personnes…).
Une fois arrivé là bas, Joy, qui avait été jusque là la meuf la plus cool du monde commence à se montrer relou parce que stressé par le concert. Elle prend la tête à Adrian qui voulait simplement
boire une bière avant le concert (genre pas d’alcool au taf : « eh, on joue du jazz, miss !)
Bref, le concert se passe pas si mal pour un truc pas assez répété…
Nous pensions passer le reste de la soirée avec Joy et ses copines mais elle nous fait comprendre qu’elle voudrait rester avec ses copines… bon… on dirait que cette histoire de concert à cassé
quelque chose.
On se retrouve donc, vers 23H00 devant le café, avec un vibra et un sax sur le dos et pas de voiture. Le bassiste (Russe) nous ramène gentiment au studio où nous déposons les instruments, buvons
un coup avec lui puis rentrons à la fac…en métro.
Le lendemain, il fallait résoudre cette putain d’histoire de voiture : nous allons donc en ville (toujours en métro) et passons une bonne partie de la journée à éclater la caisse (désolé
maman).
Après plusieurs heures, nous étions désespérés… (Renault Kangoo c’est pas une voiture terrible mais tu risques pas de te la faire braquer à moins de casser un carreau…)
Nous rencontrons un gars dans la rue qui nous aide à arrêter une autre Kangoo qui passait par la (ça court pas les rues à Stockholm les kangoos…) afin de regarder où se trouve cette putain de
poignée, et le gars nous donne le numéro de Renault Assistance (tiens on y avait pas pensé…)
Je vous passe les détails administratifs, il se trouve que Renault pouvait résoudre le problème gratuitement sans éclater la caisse.
Bref à 22H20, le dépanneur de Renault assistance avait ouvert la voiture (en passant quand même une bonne ½ heure dessus).
L’avantage avec les galères c’est qu’après on apprend à se réjouir des choses les plus simples genre « je suis à l’INTERIEUR de ma voiture J ».
Sur ce : billard pour changer et dodo fac.
Le lendemain, on avait le sentiment d’avoir fait ce qu’on avait à faire à Stockholm et décidons de partir non sans avoir fait un peu de thunes pour payer le voyage. Nous allons donc faire
une manche, organisons une bouffe à la fac pour remercier Kate et prenons la route pour Berlin.
Nous avions un bateau à 8H00 au port et arrivons comme de juste à 8H02. Nous décidons de dormir un peu en attendant le bateau de 12H30, mais vu que plus d’électricité : plus de batterie dans
le portable donc plus de réveil. Nous demandons donc à un camionneur polonais de nous réveiller à temps : lui ne parlant ni anglais, ni
français, ni espagnol, ni allemand, Adrian lui dessine un rébus avec un bateau un réveil et 2 gars en train de dormir dans une voiture avec des zzzzzzzz au dessus… le pire c’est qu’il a compris
et nous a réveillé à temps.
Nous avons donc pris le bateau puis roulé jusqu’à Berlin où notre première étape a été le KFC (oui on mange très sain cet été…).
A Berlin nous avons pas mal squatté les clubs de jazz notamment le A Trane où nous avons vu un concert pas mal mais pas top et fais une jam où on a plutôt pas mal joué. La veille nous sommes
allés à une autre jam : au B flat, où le trio qui animait la jam était terrible. Il s’agissait d’un trio Ténor, contrebasse, batterie plutôt free vraiment énorme, de plus le cadre était
sympa, l’entrée gratos et les consos pas hors de prix...
Sinon niveau jouage dans la rue, on n’a pas trouvé de coin vraiment terrible, on a joué à Neu Promenade où nous avons réussi à assurer notre minimum vital.
A Berlin toujours, Adrian a eu la brillante idée d’aller chez le coiffeur… il s’est trouvé à Pakistanais à 10€ qui lui a fait une coupe à moitié punk
qui n’était pas à son goût, du coup môssieur a terminé le travail tout seul et s’est vraiment fait une tronche qui passait nickel dans le Berlin underground (cf. photo).
Après Berlin on n’avait toujours pas décidé si on passait par les Balkans ou par l’Italie, on se dirigeait donc vers Prague en remettant notre décision à plus tard.
Nous arrivons donc à Prague vers 22H00, garons la voiture dans le centre sur ce qui ressemblait à des places de parking autorisées (lignes bleues, panneau bleu avec écrit P et plein de voitures
garées) et allons explorer la ville.
En revenant à la voiture à 3H00 du mat, nous retrouvons un putain de sabot sur la roue arrière…
On appelle donc les flics, payons l’amende de 40€ (ce qui n’est pas excessif pour un sabot) et commençons à avoir une dent contre cette ville dont l’architecture rappelait en plus un peu trop la
belle au bois dormant…
On décide donc de s’arracher, squattons un grec avec connexion wifi pour décider de notre prochaine destination et tombons sur le site
« parano.com » qui est en fait le site du ministère donnant son avis sur la sécurité de chaque pays du monde (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/index.html )…
si on regarde ce site avant de partir en voyage, on va plus nulle part…
Notre seau à thunes étant déjà vide depuis plusieurs jours nous décidons de passer par l’Italie car il semble plus probable de faire du fric chez Materazzi que chez Milosevic (ce qui reste à
prouver).
Nous faisons donc le plein de cigarette en république tchèque (2,20€ le paquet), en cachons une partie dans la roue de secours, et traversons l’Autriche jusqu’à l’Italie.
Nous nous arrêtons dans une ville balnéaire au Nord Est de l’Italie et investissons la place : l’argent coule à flot, les Cd se vendent bien et la rue dans laquelle nous mangeons notre pizza
ressemble à un podium de défilé de mode. Nous mangeons donc sans échanger un mot, le regard rivé sur la rue et le sourire aux lèvres.
Le lendemain nous partons pour Venise : là, nous passons notre premier jour en touriste lambda puis, jouons un peu sur une petite place.
Ceux qui connaissent Venise peuvent imaginer la galère que c’est d’aller jouer avec un vibraphone.
D’abord, il faut se garer dans un parking à 21€ la journée, puis rentrer dans la ville à proprement parlé où la rue ne se prête pas du tout aux courses de vibra et est constamment jonchée de
ponts (après tout c’est ce qui fait le charme de la ville…)
Nous jouons donc sur cette petite place, certes pas idéale mais proche de l’entrée de la ville. Nous n’y faisons pas fortune mais le patron du resto d’en face nous offre une bouteille de vin
blanc et nous faisons la connaissance de 2 petites allemandes qui nous offre douche et hospitalité pour la nuit dans leur Hôtel. Ceci nous permet d’apprécier le ciel étoilé de Venise sur le toit
en tuile d’un bâtiment vénitien : plutôt sympa comme souvenir…
Le lendemain, après s’être fait carotter par un commerçant local qui nous fait payer 18,50€ notre petit déjeuner, nous allons jouer sur une place nettement plus lucrative à côté de l’université.
Là, en plus de renflouer efficacement les caisses, nous nous retrouvons dans un endroit idéal pour jouer : calme, charmant, peuplé de gens plutôt amateur d’art donc susceptibles d’apprécier
notre musique et donnons donc de plutôt bonnes prestations.
De plus, nous y faisons des rencontres intéressantes :
-le type qui organise le festival de jazz à Foix en Ariège,
-Daniel Soutif : grand amateur de jazz, ayant écrit de nombreux articles dans jazz magazine et connaissant personnellement nombre de nos idoles
-Charlène et Fanny, 2 charmantes lyonnaises dont la première venait de passer un an à Venise et travaillait dans l’action culturelle.
Ces 2 dernières nous convient à un dîner dans une maison vénitienne en compagnie de leurs ami(e)s.
Une bonne soirée s’annonçait en perspective, riche en rencontre voir plus si affinité… on se sentait vraiment aux anges… mais suivant le principe du yoyo expliqué plus haut tout est, bien
entendu, parti en couille… Nous restons à discuter avec Daniel Soutif qui est un passionnant conteur, et qui en plus nous payait des coups, et ratons l’heure du RDV avec les demoiselles. Ainsi,
nous passons une partie de la soirée à gueuler dans Venise « Charlèèèèèène, Fannnny !!!! » mais à notre grand désespoir nous ne les avons jamais retrouvées.
Nous décidons donc de revenir au parking avant qu’il nous débite les 21€ de la journée du lendemain et finissons par quitter Venise.
Nous allons ensuite à Rimini, ville balnéaire pas très intéressante où l’occupation des jeunes le soir, consiste à aller en boîte. Après s’être fait virer de la plage privée qu’on squattait pour
jouer au ping pong et au basket sans raquette et sans ballon de basket mais avec une balle en plastique dégonflée de 5cm de diamètre et après avoir manqué de se faire voler le sax sur la plage
par un voleur qui s’est pris pour un G.I. dans le désert Irakien (le type a bien du ramper 20m pour se retrouver sous notre transat où était posé le sax).
Le lendemain nous avons rejoins nos potes Samy et Juliette, qui passaient leurs vacances en Italie, dans la région du Chianti. Ils nous ont réveillé avec croissants café et Diam’s puis nous
sommes allés prendre des cafés à quelques km de là.
Nous sommes ensuite allés à San Geminiano, petit village médiéval très charmant et très touristique qui aurait pu devenir un putain de Jackpot pour nous si une flic n’était pas venu nous
interrompre à la 40ème mesure du premier morceau… (ces 40 mesures nous avaient rapporté 15€ alors j’ose même pas imaginer si on avait pu rester plus longtemps…)
Alors direction Florence où nous n’avons pas pu jouer non plus.
Après avoir passé la journée à essayer de trouver un endroit où faire de la musique dans la région nous avons finis par dépenser l’argent que nous n’avions pas gagné dans un resto à 44€
malheureusement pas terrible (pour une fois qu’on s’offre un vrai resto ça fait chier…)
Après ce repas nous nous sommes mis en route pour Pise où des flics ont eu la brillante idée de nous contrôler à 4H00 du matin sous la pluie battante alors qu’on était tranquillement en train de
jouer aux échecs dans la voiture. Au final ces connards n’ont rien trouvé à nous reprocher mais semblaient avoir pris un bain tout habillé.
Nous sommes ensuite allés à Rome où nous avons visité et fait imprimer de nouvelles jaquettes à CD car nous en avons quand même déjà vendu la bagatelle de 200… !
Nous sommes ensuite allés à Latina puis à Nettuno où nous avons passé la soirée avec des jeunes du coin pour qui France = Zidane/Materazzi comme la moitié des italiens à qui nous avons parlé
d’ailleurs (entre nous soi dit, heureusement qu’ils ont gagné cette putain de coupe du monde sans quoi le coup de tête de Zizou serait certainement moins bien passé.)
Nous avons ensuite trouvé une petite place charmante où nous décidons de jouer le lendemain ce que nous avons fait avant de prendre la route pour Bari, le port où nous avons pris le bateau pour
la Grèce.
Encore plus que d’habitude je remercie et félicite ceux qui auront réussi à lire jusqu’au bout… j’essaierai à l’avenir de ne pas avoir à raconter un voyage d’une telle distance (Suède-Grèce) en
une seule fois.
La bise à tous. Et « que la force soit avec vous ».